Emma Benji

Des états d'âme... et des sourires

28 février 2012

La nécessaire réforme de la police


 

tunisie_4Le 14 janvier tous les tunisiens étaient unianimes pour dire qu'il fallait une réforme urgente au sein du ministère de l'intérieur. Après quelques incidents, les policiers ont eu des instructions pour ne plus brutaliser les manifestants et de les laisser filmer et s'exprimer librement.

De nouveaux agents ont été recrutés pour donner du sang neuf et pour apprendre aux nouveaux de nouvelles méthodes de contrôler la foule. Petit à petit on a constaté que les policiers n'agressaient plus comme avant les citoyens. La venue de Rajhi marqua un tournant au sein du ministère de l'intérieur. Il était plus facile d'acceder au porte parole du ministère, une page facebook a été crée et un processus de nettoyage a été enclenché. Il se trouve juste que n'étant pas bien politisé, et ne maitrisant pas assez les rouages et les manigances de ce ministère, il fut vite boycotté par les anciens qui ont menacé de ne plus travailler.

Les attaques contre le ministère, les poste de police et les policiers se sont accentués et le gouvernement Ghannouchi est tombé pour laisser la relève à Béji Caïd Essebsi, un vieux de la vieille. Ce dernier e a "renvoyé" Rajhi et l'a remplacé par Essid. A partir de là nous avons assisté lors d'une manifestation à la plus importante répression policière d'après révolution (celle du vendredi 6 mai),  c'était la fameuse manifestation quand les policiers ont frappés et battus plusieurs manifestants et surtout attaqué des journalistes.

Beaucoup espéraient que le gouvernement Ennahdha, composé de ministres ayant souffert de la répression policière, allait changer les choses. Sauf que malheuresement on assiste à une totale impunité quand il s'agit de salafistes, (même si ces derniers attaquent, menacent, terrorisent) et d'une rigueur sans précèdent quand il s'agit des anti-Ennahdha. 

Alors que rien n'a été fait contre les manifestants devant le siège de la télé tunisiennes, manifestants qui avaient complètement bloqué la circulation et avaient fait leurs prières en pleine rue, le lendemain les policiers ont brutalisé les manifestants à l'avenue Habib Bourguiba, causant traumatisme et blessures chez beaucoup d'entre eux. Ils ont également ciblé beaucoup de journalistes qu'ils ont insulté.

Il serait grand temps qu'il y ait une vraie réforme qui commencerait par leur expliquer leurs droits et devoirs. Par ailleurs tout le monde sait que les policiers ne font qu'obéir aux ordres de leurs patrons, et donc aux ordres de leurs ministres.... Est-il encore admissible qu'on tolère ces abus? comment est ce que le ministre ne réagit pas du tout à tout ce que l'on a vu. La principale réponse qu'on a eu est que les attaques perpétrées par les policiers étaient en réponse à des insultes et qu'il s'agit de cas individuels.

Est ce qu'on à ce point l'air cons et idiots? 

En réponse à ce qui s'est passé, nous avons donc filmé une vidéo sarcastique, partagée en haut du texte, pour montrer le ridicule de la situation que nous vivons.

 

 

Posté par EmmaBenji à 20:31 - Commentaires [1] - Permalien [#]



Commentaires

    Quand Ennahda crée des émules...

    La semaine dernière dernière, un homme a tenté de brûler vive sa propre fille (!!!) âgée de 23 ans.
    Il l'a d'abord aspergée de gaz lacrymogène sur le visage pour la neutraliser puis a déversé de l'essence sur tout son corps avant de tenter d'allumer un briquet pour la brûler vive...

    Dans un réflexe étonnant de survie et bien que terrorisée, la victime réussit à se débattre et à arracher le briquet des mains de son géniteur.
    Des voisins attirés par les cris de la jeune fille
    lui viendront en aide pendant que son "père" prenait courageusement la fuite.

    Ce dernier appellera plus tard dans la soirée sa fille pour s'excuser (!!!) de son geste et la supplier de ne rien dire à la police...

    Cette dernière a bien évidemment porté plainte et les policiers iront cueuillir son "père" à son domicile.
    Interrogé sur les raisons de son acte, il répondra qu'il trouvait sa fille trop "émancipée" à son goût
    et voulait la marier dans son pays natal sous la contrainte avec un membre de la famille.

    Quel est l'intérêt de cette histoire tragique ?
    Elle s'est déroulée à Paris (!) et non dans un quelconque pays arabe dirigé par des intégristes...
    Le père est Tunisien (impensable mais vrai quand on connait l'héritage de Bourguiba)
    Et pour couronner le tout, le petit ami de la fille était juif, ce qui était "insupportable" et rédhibitoire aux yeux de son "père".

    Moralité : les intégristes et autres malades mentaux ne se trouvent plus seulement dans les pays arabes mais constituent un danger permanent pour ne pas dire une cinquième colonne au sein même de notre territoire : l'Europe.

    Posté par Elie, 02 mars 2012 à 16:53

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